[Cinéma] Only lovers left alive

ONLYLOVERSLEFTALIVE

 

J’ai couru voir le nouveau Jarmusch dès sa sortie. Je suis allée à l’Utopia de Pontoise, superbe salle old-school avec sièges qui grinces et balcons dorés, pour un tarif qui n’est pas aussi exorbitant que dans les grands complexes (6 euros par place).

De quoi parle le film ?

De vampires. Mais pour autant, ce n’est pas un film de vampires : pas d’action à proprement parler, pas d’effroi, aucun code vampirique si ce n’est par moquerie.

Car, vous vous doutez bien que des vampires 2014 n’ont pas peur de l’ail et ne chassent plus leur repas. Non, ils sont à notre image : veggie, bio, bobo, écolo. En témoigne Adam, personnage principal, artiste maudit, qui vit enfermé dans sa tour d’ivoire (analyse : le monde ne vaut même plus la peine d’être vu), et qui va chercher son sang dans des laboratoires d’analyses, et qui vit sans technologie (détourne les champs satellites pour capter le téléphone en visio sur sa télé des années soixante, etc).

only lovers left alive jarmusch

Ce retour aux sources se poursuit durant tout le film : crise existentielle de deux amants, Adam et Eve (of course), il évoque les problématiques du couple, de l’individualité, du continuum de la vie (traverser tant d’époques, être immortel), et de la peur du futur. En se basant sur notre société actuelle (et la ville de Détroit, par excellence temple de la société industrielle et de consommation), Jarmusch se pose les questions qui nous hantent tous : qu’allons-nous devenir ?

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Avec une Tilda Swinton au sommet de son art : son visage singulier et dur tranchant avec la douceur de ses sentiments et son personnage plein de rêves et d’espoirs la propulse une nouvelle fois au rang de mes actrices préférées.

Sur fond de musique rock indus’, avec un esthétisme fou (mélange de styles, ambiances chaudes puis froides…), « Only lovers left alive » est un conte d’amour moderne, délicieux comme une bonne tasse de sang.

 

 

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