[Mes petits Bouquins] Leçon d'Histoire ; comme à l'école en moins chiant

Mes petits Jambonneaux,

Y’a des bouquins comme ça qu’on lit d’une traite, qu’on savoure comme un bon cheesecake de chez Starbucks, qu’on engloutit en une bouchée, comme le paquet d’Oreo, comme le petit-Gervais à la banane; là, c’est « le bouquin que j’attendais », ou comment allier culture et potins mondains amusants.

Si toute l’Histoire de France vous a fait cauchemarder à l’école, si toute cette poussière vous a fait tousser, mais que vous êtes quand même amateur de chevaliers soûlographes et de rois patricides, « L’Histoire de France pour ceux qui n’aiment pas ça », (C. Dufour) est le bouquin à avoir cet automne sur votre table de chevet.

Lire cette Histoire-de-France-en-moins-chiante, c’est un peu comme feuilleter Gala et Voici tout en déchiffrant une encyclopédie d’Histoire : des parties découpées en petits « articles » courts, classés chronologiquement, retraçant deux mille ans d’Histoire. Des anecdotes amusantes sur chaque personnage ayant compté par le passé, des potins sur la vie privée des figures royales, des choses passionnantes et d’autres plus coquines, et surtout, un rappel sur ce qu’est l’Histoire : un enchevêtrement de choses écrites par les vainqueurs, et ceux qui les ont soutenu. Dans l’Histoire, donc, beaucoup de malheureux oubliés, et beaucoup de choses fausses, rétablies avec un ton léger, moqueur et parfois irrévérencieux, voire enfantin et désinvolte.

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On lit le bouquin comme un passager d’une « croisière sur les rives de l’histoire ». L’auteur, Catherine Dufour, n’est pas historienne mais passionnée, en revanche deux historien ont aidé à la réalisation du livre, pour reconstituer les contextes et rétablir les vérités.

L’extrait : 

 » Clothilde

L’oncle de Clothilde a assassiné le père de Clothilde, puis il a jeté la mère de Clothilde dans un fleuve avec une grosse pierre autour du cou. Ensuite, il a adopté Clothilde. La jeune femme a donc pris très tôt l’habitude de vivre avec des hommes mal embouchés.

Clothilde est de religion chrétienne. Elle incite son mari à se convertir. La chronique dit que Clovis commence par accepter, puis revient sur sa décision le jour où son fils Ingomer meurt dans sa robe de baptême. Mais il accepte pour de bon le jour où, perdu au milieu d’une bataille mal engagée, il invoque le dieu de Clothilde et gagne. En ce temps, perdre un enfant est beaucoup moins grave que perdre une bataille.

Clovis se fait baptiser par l’évêque de Reims, Rémi, à quoi ce bon tour vaudra de devenir Saint-Rémi. Mais chut ! Ecoutons la cérémonie. Tout en répandant de l’eau sur le front de Clovis, l’évêque prononce la célèbre phrase : « Adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré ».  Puis, comme il est sur place, il baptise trois mille guerriers francs.

Mais tâchons d’apercevoir, au-delà des jolies légendes de la chronique, la réalité politique : il est probable qu’en se convertissant, Clovis veuille s’allier à la nouvelle puissance romaine. Avec le déclin de l’autorité impériale, l’autorité ecclésiastique demeure la seule à laquelle se raccrocher.

Clovis passe le reste de son existence, qui n’excède pas quarante-cinq ans, à faire la guerre et à assassiner sa famille, ce qui n’a rien d’exotique pour un Mérovingien. »

L’extrait n° 2 :

« Charles Martel, sa plus belle gloire est d’arrêter les Arabes à Poitiers en 732. Les soldats arabo-musulmans remontaient en effet de l’Espagne vers le nord de la France depuis vingt ans. En réalité, ils ne seront vaincus que sept ans après et poussés hors de France que deux cent cinquante ans plus tard, mais « 732 Charles Martel arrête les Arabes à Poitiers », c’est comme « 1515 Marignan » ou « 2001 les Tours Jumelles » : ça se retient facilement. »

L’auteur : 

Catherine Dufour

Elle écrit des romans et des nouvelles de fantasy déjantées et de science-fiction plus sérieux. Son roman « Le Goût de l’Immortalité » a reçu le Prix Bob-Morane, le Prix du Lundi et le Prix Rosny Aîné en 2006, ainsi que le Grand Prix de l’Imaginaire en  2007.

Son site web : http://www.noosfere.org/heberg/dufour/

Mon avis :  Un bouquin avec le ton léger que j’affectionne, 300 pages de plaisir.

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